Le gaspillage alimentaire en chiffres

Chaque année en France, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont jetées. Le gaspillage alimentaire n’est pas uniquement présent à la maison ou à la cantine. Le gâchis a lieu à tous les étages de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation, en passant par la transformation, la distribution et la restauration.

Ainsi chaque acteur de la chaîne a sa part de responsabilité :

  • Les consommateurs.
  • Les producteurs.
  • Les pôles de transformation, c’est-à-dire les usines et autres ateliers de transformation des matières premières.
  • La distribution : commerçants ou supermarchés.
  • La restauration, qu’elle soit commerciale (les restaurants) ou collective (cantines, etc.).

Selon un rapport de l’ADEME, c’est 18 % de la production alimentaire qui est gaspillée tous les ans.

Mais qu’entend-on exactement par gaspillage alimentaire ?

Le gaspillage alimentaire correspond à « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée, dégradée ».

Les déchets alimentaires se divisent en deux groupes : les déchets évitables (gaspillage), c’est à dire des déchets produits qui auraient pu être consommés (par exemple un sachet de gruyère oublié dans le frigo qui est moisi) et les déchets inévitables, c’est à dire des déchets produits qui ne se consomment pas (par exemple des os, une peau de banane...).

Laisser des fruits et légumes jugés trop moches ou mal calibrés dans les champs, détourner des invendus des supermarchés pour en faire de l’énergie…sont aussi du gaspillage alimentaire.
Nous le retrouvons chez de nombreux acteurs de l’alimentation en France. Ce gâchis se répartit comme suit :

  • 32 % pour les producteurs. Ils jettent les surplus de leur production qu’ils n’arrivent pas à vendre (normes de calibrage, mauvaise évaluation de l’offre et de la demande, etc.).
  • 21 % pour les ateliers de transformation (du petit local à la grosse usine). Ils jettent car les aliments présentent des problèmes (calibrage, esthétique, nutritionnel, etc.).
  • 14 % pour les acteurs de la distribution. Ils jettent car ils n’écoulent pas la nourriture, pour des dates de consommation dépassées ou parce qu’il y a eu une rupture de la chaîne du froid : des fruits et légumes flétris par exemple.
  • 14 % pour le monde de la restauration. Ils jettent le contenu des assiettes que les clients n’ont pas terminées, les plats invendus ou tout simplement le stock périmé ou abîmé.
  • 19 % pour le consommateur qui jette ce qu’il n’a pas mangé, ce qui est abîmé, ce qui est périmé, ou ce qu’il ne veut plus.

Les conséquences du gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire en France est un fléau économique. Jeter des aliments, c’est aussi jeter de l’argent.

Chaque acteur tend à reporter les coûts économiques de ce gaspillage dans sa vente, ce qui se traduit au final par une hausse des prix alimentaires que le consommateur paie. En France, le coût du gaspillage de denrées du champ à la poubelle représenterait d’après l’ADEME 16 milliards d’euros annuels, soit 240 € par an et par personne si l’on rapporte ce chiffre à l’ensemble de la population française, dont 150 € sont payés directement par le consommateur.

Il a un impact environnemental. Cela se traduit par un gaspillage de ressources naturelles (eau, surfaces agricoles…) mais aussi des pollutions liées à la production des aliments (utilisation de pesticides, engrais chimiques…) et à leur destruction.

Le gaspillage alimentaire génère aussi une empreinte carbone importante : 36 % des émissions de gaz à effet de serre en France, selon l’ADEME.

Enfin, le gâchis de nourriture est un vrai problème éthique et social. En effet, parmi toute la nourriture gaspillée, une grande partie est encore consommable. À l’heure où la précarité est en hausse, cela pose un réel problème de société.

Comment limiter le gaspillage à la maison ?

Le gaspillage alimentaire à la maison peut être limité de nombreuses manières :

  • Acheter juste ce qu’il faut, et donc faire une liste de courses en regardant dans le frigo et les placards.
  • Choisir les bonnes portions. Si vous vivez seul, vous n’aurez peut-être pas besoin de cuire 500 gr de pâte ou d’acheter la caissette de 10 blancs de poulet en promo pour la semaine.
  • Congeler les aliments pour les conserver plus longtemps.
  • Vérifier les dates DLC et DDM.
  • Privilégier le « fait maison », car les produits transformés génèrent un important gaspillage alimentaire.
  • Faire appel à vos SENS. Sentir un produit avant de le jeter parce que la date est dépassée. En effet, ces dates sont juste indicatives : si l’odeur du produit est habituelle, il est consommable.
  • Au fourneau, cuisiner ce qui se périme ou s’abîme en premier.
  • Acheter les produits en vrac.

Astuces pour ne pas gaspiller

Pour limiter le gaspillage alimentaire, il existe de nombreuses astuces, comme :

  • Revisiter les restes en en faisant un nouveau plat, par exemple.
  • Transformer les restes : pain sec en croutons, fruits trop mûrs en compotes, légumes flétris en purée, etc.
  • Utiliser les pelures (pommes de terre, carottes, etc.) pour faire de la soupe.
  • Donner les surplus à vos voisins, amis ou personnes dans le besoin.

Enfin, des applications anti gaspillage existent :

  • Too Good To Go.
  • Optimiam.
  • Frigo Magic.
  • Zéro gâchis.
  • À consommer.

Comment valoriser mes déchets alimentaires ?

À l’échelle du consommateur, s’il n’est pas possible de détourner la perte vers la consommation humaine, il faut orienter les déchets alimentaires :

  • Vers la consommation animale (chien, poules, centre équestre, refuge pour animaux ...
  • Ou les valoriser en terreau. Le compost est un bon moyen pour valoriser des déchets alimentaires à jeter.

Tout peut être recyclé, une fois le gaspillage alimentaire réduit, nous pouvons également éviter de jeter nos déchets alimentaires inévitable à la poubelle, comme :

  • Les coquilles d’œufs.
  • Les peaux de fruits ou de légumes qui ne se mangent pas, comme la peau de banane, les pelures de kiwi, etc.
  • Les os.